Spiritualité

Les Chants soufis

Parmi les différents chants que l’on peut trouver, il y a ceux avec lesquels je suis le plus proche : ce sont les chants Soufis.

Le soufisme est la branche de l’islam qui s ‘intéresse à la spiritualité, à l’élévation de l’être humain et à l’Amour du Divin. Les premiers soufis sont apparus en 600 après J-C.

Les grands maîtres soufis qui ont vécu ce qu’on appelle la « Connaissance du divin » ont écrit des poèmes dans lesquels ils font des éloges au premier Soufi qui est Mohammed le prophète de l’Islam, ou alors des descriptions de leurs vécus spirituels. Ces poèmes appelés « Qasida » en arabe étaient chantés en groupe lors des danses extatiques soufies.

Les chants soufis sont des chants sacrés,. Ils provoquent chez les soufis des états : joie, tristesse, contentement ou chagrin. Toutes ces sensations sont à l’origine des états extatiques des disciples.

Aujourd’hui encore, dans les Tariqa (école spirituelles soufies), ces textes sont chantés.

Ces chants jusqu’à aujourd’hui sont des outils utilisés par les maîtres soufis pour aider leurs disciples à réaliser leur objectif, c’est à dire adorer Dieu comme s’ils le voyaient.

De nos jours, les « Qassida » sont aussi utilisées dans un but artistique et culturel, on le voit notamment dans les événements tel que le festival de Fès, la nuit du Soufi (Nantes), et bien d’autres événements encore.

A présent, je vous propose une traduction d’un poème écrit par Imam Nahoui : « Al Maunfarija » = Celle qui apaise.

 » Ô celle qui contracte’ (2), point de gêne à ce que tu t’affermisses,
Assurément, tu finiras par t’apaiser !
Et sur ta nuit, la clarté du soleil levant t’illuminera.
L’obscurité de la nuit, éclairée par le scintillement des étoiles,
Finit par être recouverte par le Père des astres (3)

La pluie, fille des vertueux nuages,
Ne peut se déverser à moins que le Décret ait retentit !
Les infinis bienfaits de notre Seigneur, au parfum éternellement vivifiant,
Servent de pâturage aux Âmes et aux Esprits !
Pars à la recherche de la Source où prend vie ce parfum,
Souhaitant qu’Elle débordera telles les vagues jaillissant des profondeurs de l’Océan !

Toutes les créatures sont sous Sa Régence,
Certaines se trouvent dans l’épanouissement, d’autres dans la constriction (4).
Leur ascension et leur descente s’accomplissent par le franchissement de degrés.
Leur destinée ici-bas et leur sort dans l’au-delà
Sont assignés avec ordre et ne connaissent point de déviation

Tant de Sagesses, tissées par Une Main qui de toute Éternité a Décrété,
Viennent coudre, avec mesure, l’étoffe dont est brodé chaque être !
Que les coutures filent droit ou en biais,
Ce n’est que par Le Maître Artisan qui les fait, avec sagesse, se tisser !
Les signes témoignant de la splendeur de ces sagesses,
Attestent qu’Il est Le Seul à tout Régenter !

Accepter le Décret Divin découle de la clairvoyance,
Aussi, vers son centre dirige tes pas !
Et si s’ouvrent à toi les portes de la guidance,
Empresse-toi d’y pénétrer et de recueillir ses trésors.
Et si tu devais ne point y entrer, assure-toi de ne point vaciller,
Afin que tu sois parmi les premiers à atteindre les stations spirituelles
Dont l’étendue ne peut être mesurée !

Dans l’Au-delà, pour celui qui, heureux, a cheminé avec droiture, la vie regorge de trésors
Et lorsque tes oeuvres entrent en léthargie, veille à les réanimer !
La vilenie de la désobéissance envers Dieu,
S’enjolive au regard de celui qui, avec laideur se comporte,
Et la beauté de l’obéissance rayonne telle les premières lueurs du jour !

Celui qui s’avance pour demander la main des Houris,
Avec pour seule dot, son obéissance envers Dieu,
Se verra accorder parmi les plus resplendissantes d’entre elles !
Et pour parvenir à cette Obéissance, aide-toi de la crainte révérencielle,
Afin que Le Jour des Comptes, tu sois prémuni !

Récite le coran d’une voix mélodieuse et d’un cœur submergé de chagrin !
Et parcours la nuit en te penchant sur ce qu’il renferme de sagesses,
Ainsi, tu atteindras le Firdaws et certainement tu exulteras !
Abreuve- toi du Tasnim (6) sans rien y adjoindre

Ou fais-le en n’y mélangeant qu’une autre source pure.
Louange à l’Intellect (7) honoré par le don de la Guidance
Tandis que l’opprobre est le lot de celui qui a tourné le dos.
Le Livre Saint permet d’entretenir progressivement cet Intellect

Ceux qui sont pourvus de la guidance figurent l’Élite de la création,
Pendant que tout autre figure la masse.
Si tu es un homme vaillant, alors, ne redoute point le tumulte de la bataille !
Et si tu aperçois au loin le foyer de lumière de la guidance,
Montre-toi unique et élève-toi au dessus la mêlée !

Lorsque les désirs ardents de l’âme s’attisent, les douleurs s’éveillent !
Lorsque la Belle (8), souriant, laisse entrevoir ses dents jusqu’à toutes les dévoiler,
C’est alors qu’elle irradie de toute sa splendeur !
Les Secrets Divins contenus dans un écrin,
Sont précieusement dissimulés sous un voile qui les dérobe aux regards !

Celui-ci s’évertue à demeurer dans la juste mesure, et verra cet état perdurer,
Celui-là est à son antipode et sera conduit vers l’anarchie !

Que les prières de Dieu soient sur Le Bien guidé (9),
Celui qui oriente les créatures de Dieu vers l’illuminé chemin !
Ainsi que sur Abou Baker et les traces qu’il a laissées,
Dont la langue ne profère que des paroles résolues,
Omar dont les prodiges se sont manifestés lors de l’histoire avec Saria (10),
Othman, le bel homme aux deux lumières (11), le pudique vêtu d’une pure décence,
Ali dont la science est comparable à un nuage déversant de la pluie !

Ainsi que sur les deux petits-fils du Prophète, leur mère et toute leur descendance,
Leurs compagnons, leurs proches et tous ceux qui ont suivi leurs pas sans jamais dévier
Et sur leurs successeurs les savants, dont la science nous est éminemment profitable.

Seigneur, par eux et leur famille accorde-nous la victoire et apaise-nous,
Et Sois Clément, Toi Le Généreux qui ne cesse de faire Miséricorde,
Envers ton serviteur qui, ô grand jamais, n’a quitté le seuil de Ta Porte !

Parachève mes oeuvres par les plus vertueuses qui soient,
Afin que le Jour du Rassemblement, je sois sauvé.

Certes, je reconnais Ta Suprême Générosité
Et je te demande de m’accepter tel que je me présente ; lourd de mon fardeau de péchés.

Et si d’aventure, tes affaires se resserrent, alors proclame :
‘ Ô celle qui contracte’, point de gêne à ce que tu t’affermisses. »

Et voici également des extraits audio :

 

Pour plus d’informations sur le soufisme :

www.saveurs-soufies.com

 

DERVICH

2 commentaires

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :